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Adrian Miatlev : Un Poète à la Croisée des Chemins

Dernière mise à jour : il y a 6 jours

Une Vie entre Deux Mondes


Adrian Miatlev, né à Moscou en 1910, a vu sa vie marquée par l'exil. Sa famille a émigré après la révolution russe. Fils de Nicolas, magistrat et archéologue, il est aussi le petit-fils de Wladimir, un poète connu pour son caractère difficile. Son arrière-grand-père, Ivan Miatlev, était un auteur caustique, ami de Pouchkine et Lermontov. Bien que cette lignée ait influencé son parcours, c'est sa mère, Olga Lopoukhine, qui lui a transmis son amour pour la poésie.


Olga repose au cimetière de Lanriec, en Finistère, où son père, Adrian Adrianovitch, est également enterré. Miatlev raconte qu'Olga Ivanovna Orlov, sa femme, l'a rejoint dans ce lieu paisible dans les années trente.


Adrian a épousé une Française, Madeleine, et ils ont eu une fille, Marianne. À l'époque de l'écriture de ce texte, Marianne avait huit ans. Cela signifie qu'elle est née en 1951 et aurait aujourd'hui 75 ans. Avant de rencontrer Madeleine, Adrian a passé ses premières années d'émigration à Alençon. Il y a suivi des cours au collège, y compris en latin et en grec. C'est là qu'il a rencontré le poète Michel Manoll, connu sous son vrai nom, Michel Laumonier.


Un Parcours Militaire et Littéraire


Adrian a d'abord voulu devenir pasteur luthérien, mais son désir de servir dans l'armée a pris le dessus. En 1938, il a été accepté dans l'artillerie montée. Il a été canonnier-conducteur à Sedan. À 28 ans, il a été affecté à la caserne Mac-Donald. C'est là qu'il a commencé à publier dans la revue "Esprit" en janvier 1939, grâce à Emmanuel Mounier.


Malheureusement, il a été fait prisonnier par la Wehrmacht pendant trois ans. Pendant cette période, il a collaboré avec d'autres auteurs surréalistes pour créer une revue. Ce projet a connu plusieurs noms, dont "Droit de survivre" et "Explication". Finalement, il a rejoint le groupe "La Tour de Feu" en tant qu'auteur et chroniqueur.


Cette revue a été publiée de 1946 à 1981, totalisant 149 numéros. Un dernier numéro a été publié en 1991. La Tour de Feu a même fait l'objet d'une thèse, soulignant son importance dans le paysage littéraire.


Une Vie de Nomade


En 1941, Miatlev a souffert d'une néphrite aiguë, suivie d'une grippe virale avec encéphalite. En 1957, il a également connu un delirium tremens. Ces problèmes de santé l'ont poussé à quitter Paris. Il a trouvé refuge à Bleury, puis à Ymeray, dans l'Eure-et-Loir. Au fil des ans, il est devenu de plus en plus nomade.


Bien qu'il soit né à Moscou, Miatlev a principalement vécu en Ukraine, à Kiev. Il a peu interagi avec la noblesse émigrée, même celle de sa propre famille. Cependant, il a gardé des liens avec ses oncles du côté maternel, notamment un certain Georges Courtin, surnommé "le Sanglier".


Souvenirs de Bretagne


Adrian et sa sœur Nina ont découvert la Bretagne durant leur enfance, entre 1913 et 1914. La famille est revenue en 1920, lorsque Adrian avait neuf ans. Même s'il n'a pas vécu en Bretagne par la suite, il n'a jamais oublié cette région.


Il n'écrit pas sa biographie. Des historiens s'en chargeront. Mon intérêt pour Miatlev vient d'un projet éditorial. Je m'intéresse à sa "philologie poétique". J'ai recensé la majeure partie de ses formations lexicales. Mon but est de composer un dictionnaire néologique. Ce dictionnaire mettra en lumière ses inventions langagières, indissociables de leur contexte.


Miatlev est un poète célèbre, souvent mal compris. Certains le trouvent fumeux, d'autres l'ont injustement relégué. Il était un personnage flamboyant, qui ne laissait personne indifférent. Sa nature complexe lui a valu une place dans l'histoire des Lettres. Il est essentiel, même s'il est parfois clivant.


Conclusion


Adrian Miatlev est un poète dont l'œuvre mérite d'être redécouverte. Sa vie, marquée par l'exil et la quête de sens, résonne encore aujourd'hui. À travers ses mots, il a su capturer l'essence de son époque. Je vous invite à explorer son univers littéraire. Pour découvrir davantage d'œuvres de qualité, visitez notre librairie en ligne.


Rémy Leboissetier,

à Quimper, le 11 avril 2026


[1] Miatlev écrivit un « Curriculum vite », publié partiellement dans la revue « La Tour de feu » N°90 (Miatlev tel qu'en nous autres), texte qui resta inachevé, que l'auteur date de janvier 1959, et dont nous tirons l'essentiel de cette présentation.

[2] Daniel Briolet, L'Histoire exemplaire d'une revue de poésie dans la province française. Thèse qui fit l'objet d'un colloque international en 1987 puis qui fut éditée en 1991 (Du Lérot éditeur, Tusson, Charente)

[3] Parmi les multiples pseudonymes adoptés par Miatlev, figure un Abel de Kernako. Et notons que ce « Curriculum vite » est signé d'un autre pseudonyme : Jérôme de Weltheim.

[4] Il semble que la vente n'eut pas lieu à cette période. En effet, il existe deux lettres adressées à Edmond Humeau, avec la mention d'expédition « Villa Kernako » et datées de 1942. La vente a pu avoir lieu après guerre.

[5] Signalons au moins la monographie de la collection « Poètes d'aujourd'hui » des éditions Seghers (1987), du compagnon Pierre Boujut, qui rapporte les propos de Jean Follain, pour lequel l’œuvre de Miatlev était importante, affirmant que celle-ci « ne cessera de se développer dans le temps. On ne pourra que lui faire un jour le sort qu'elle mérite. Ce sera alors un grand éblouissement ». Près de quarante ans plus tard, la situation ne s'est pourtant guère améliorée... Notons par ailleurs le texte très chaleureux que Christophe Dauphin à Miatlev dans la revue « Les Hommes sans épaules ».

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