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Adrian Miatlev : Un Poète entre Émigration et Création

Un Héritage Littéraire Riche


Adrian Miatlev, né à Moscou en 1910, est un personnage fascinant. Il est issu d'une lignée d'écrivains et d'intellectuels. Son père, Nicolas, était magistrat et archéologue. Son grand-père, Wladimir, était un poète connu pour son caractère bougon. Son arrière-grand-père, Ivan Miatlev, était un auteur caustique, ami de Pouchkine et Lermontov. Cette ascendance littéraire a sans doute influencé son parcours. Toutefois, Adrian attribue son amour de la poésie à sa mère, Olga Lopoukhine. Son prénom vient de son grand-père, Adrian Adrianovitch, qui repose en Finistère.


Adrian a vécu une émigration difficile. Il a épousé une Française, Madeleine, et a eu une fille, Marianne. À l'âge de huit ans, elle était déjà une source d'inspiration pour lui. Avant de rencontrer Madeleine, Adrian a passé ses premières années d'émigration à Alençon. Là, il a étudié le latin et le grec. Il a également rencontré le poète Michel Manoll, qui a marqué son parcours.


Un Parcours Étonnant


Adrian a d'abord voulu devenir pasteur luthérien, puis soldat. En 1938, il a été accepté dans l'armée, choisissant l'artillerie montée. Il a été canonnier-conducteur à Sedan. Pendant cette période, il a commencé à publier dans la revue « Esprit ». Malheureusement, il a été fait prisonnier par la Wehrmacht pendant trois ans.


Après la guerre, il a collaboré avec d'autres auteurs surréalistes pour créer une revue. Cette revue a connu plusieurs noms avant de devenir « La Tour de Feu ». Miatlev a joué un rôle clé en tant qu'auteur et chroniqueur. Il a travaillé avec Pierre Boujut, un autre écrivain, à Jarnac. Leur collaboration a été tumultueuse, mais elle a donné naissance à une revue qui a duré de 1946 à 1981.


Les Défis de la Santé


Adrian a connu des problèmes de santé tout au long de sa vie. En 1941, il a souffert d'une néphrite aiguë. En 1957, il a contracté une grippe virale avec encéphalite. Ces maladies l'ont contraint à quitter Paris pour la campagne. Il a vécu à Bleury puis à Ymeray, devenant de plus en plus nomade.


Malgré ses défis, Miatlev a continué à écrire. Il a passé une partie de sa vie à Kiev, en Ukraine. Il a eu peu de relations avec la noblesse émigrée, mais il a gardé des liens avec sa famille maternelle en Bretagne. Il évoque souvent sa tante Juliette et son oncle Léon Davidoff, qui ont marqué son enfance.


La Bretagne, Une Source d'Inspiration


Adrian et sa sœur Nina ont découvert la Bretagne durant leur enfance. Leur première visite a eu lieu entre 1913 et 1914. La famille est revenue en 1920, alors qu'Adrian avait neuf ans. Même s'il n'a pas vécu en Bretagne par la suite, il n'a jamais oublié cette région. La villa Kernako, où il a passé des moments précieux, a été vendue, mais ses souvenirs restent vivants.


Image de la villa Kernako

Une Philologie Poétique


Je ne m'intéresse pas à Adrian Miatlev pour écrire sa biographie. Mon projet éditorial se concentre sur sa « philologie poétique ». J'ai recensé de nombreuses formations lexicales pour créer un dictionnaire néologique. Ce dictionnaire met en lumière les inventions langagières de Miatlev. À travers ces entrées, on découvre un poète souvent méconnu, mais d'une richesse inestimable.


Adrian Miatlev est un personnage complexe. Il a été à la fois admiré et critiqué. Son œuvre mérite d'être redécouverte. En tant qu'auteur, il a laissé une empreinte indélébile dans le paysage littéraire. Sa voix unique continue de résonner, même des décennies après sa mort.


Conclusion


Adrian Miatlev est un poète dont l'héritage mérite d'être célébré. Son parcours, marqué par l'émigration et la création, est une source d'inspiration. À travers ses mots, il nous invite à explorer des mondes nouveaux. Sa vie et son œuvre sont un témoignage de la richesse de la littérature. Je suis convaincu que sa voix continuera à toucher les lecteurs d'aujourd'hui et de demain.


Rémy Leboissetier,

à Quimper, le 11 avril 2026


[1]Miatlev écrivit un « Curriculum vite », publié partiellement dans la revue « La Tour de feu » N°90 (Miatlev tel qu'en nous autres), texte qui resta inachevé, que l'auteur date de janvier 1959, et dont nous tirons l'essentiel de cette présentation.

[2]Daniel Briolet, L'Histoire exemplaire d'une revue de poésie dans la province française. Thèse qui fit l'objet d'un colloque international en 1987 puis qui fut éditée en 1991 (Du Lérot éditeur, Tusson, Charente)

[3]Parmi les multiples pseudonymes adoptés par Miatlev, figure un Abel de Kernako. Et notons que ce « Curriculum vite » est signé d'un autre pseudonyme : Jérôme de Weltheim.

[4]Il semble que la vente n'eut pas lieu à cette période. En effet, il existe deux lettres adressées à Edmond Humeau, avec la mention d'expédition « Villa Kernako » et datées de 1942. La vente a pu avoir lieu après guerre.

[5]Signalons au moins la monographie de la collection « Poètes d'aujourd'hui » des éditions Seghers (1987), du compagnon Pierre Boujut, qui rapporte les propos de Jean Follain, pour lequel l’œuvre de Miatlev était importante, affirmant que celle-ci « ne cessera de se développer dans le temps. On ne pourra que lui faire un jour le sort qu'elle mérite. Ce sera alors un grand éblouissement ». Près de quarante ans plus tard, la situation ne s'est pourtant guère améliorée... Notons par ailleurs le texte très chaleureux que Christophe Dauphin à Miatlev dans la revue « Les Hommes sans épaules ».

 
 
 

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